LE SYNDROME DE WENDY

Avant toute chose il est indispensable de faire une mise en garde  : qu’il s’agisse du syndrome de Peter Pan, de celui de Wendy, de la fée Clochette, et pourquoi pas de Crochet, du crocodile ou encore de la chienne Nana, il ne s’agit pas de réalités scientifiques, de pathologies reconnues par le DSM V, ou de diagnostics pouvant être posés de manière formelle.

« Je suppose que Wendy devait trouver son séjour particulièrement enchanteur, car sa turbulente famille lui donnait fort à faire. Elle n’avait même pas le temps de monter prendre le frais, sinon le soir et encore, avec une chaussette à la main. »
Peter Pan – Sir J.-M. Barrie

Ce sont des pistes de réflexion fondées sur des analogies avec des figures stéréotypées et parlantes pour chacun, car véhiculées par des mythes et des contes qui, appris dès l’enfance, permettent au lecteur une identification ou une compréhension. Mais comme toute piste, si elle doit être suivie, elle ne se suffit pas à elle-même.

Le succès de ces différents concepts profite de la vague psycho-pop (pop-psychology en américain), abréviation de l’expression psychologie populaire. Ces concepts sont exposés largement dans les médias et les ouvrages grand public.

Le risque majeur étant d’autoriser, avec une lecture rapide et parcellaire, une interprétation, un amalgame et une fausse compréhension d’une situation qui elle, peut être traumatique ou pathologique. En se contentant d’une lecture, et souvent sans consulter par la suite un professionnel, le lecteur ou la lectrice peut se retrouver à différents problèmes, comme l’ignorance de la solution possible, le déni de sa (ses) propres difficultés, la culpabilité accrue en se « reconnaissant » dans un profil stéréotypé…

Quoiqu’il en soit et à défaut d’une reconnaissance médicale (psychiatrique / psychanalytique) il reste indéniable que certains profils sont identifiables ou reconnaissables. Et comme nous avons tous besoin de les nommer, ces appellations ont ce mérite évident : elles permettent de mettre un nom, de visualiser une situation… et de s’encourager ou inviter à consulter afin de pouvoir débloquer une situation complexe et douloureuse.

Ce qui reste toujours incertain, c’est comment, et en combien de temps cette situation peut se débloquer. Et surtout, par quelles étapes et processus il faudra passer pour pouvoir s’en extraire.

Dans un article précédent, j’évoquais le syndrome de Peter Pan. Adulte immature, enfant orgueilleux, jaloux, rêveur, agaçant, cruel, despotique et insouciant, il vit en enfant dans un monde imaginaire, se déchargeant de toute responsabilité, de tout devoir, fuyant les engagements et rendant cruellement l’autre responsable de ses échecs et de ses angoisses.

Bien loin du charmant et plaisantin Peter Pan de Walt Disney, nous voilà face à un homme qui sait amuser et abuser la galerie qu’il se fabrique – pour finir, toujours, par la fuir quand elle se montre trop adulte, trop responsable – mais qui ne peut vivre seul, puisque comme chaque enfant il a besoin de sa maman.

Aussi, pendant obligé du syndrome de Peter Pan, il fallait bien en imaginer un autre pour que cette « maman » prenne vie. Et c’est ainsi qu’on vit naître le syndrome de Wendy.

Le syndrome de Wendy fait référence au même conte, celui de J.M. Barrie, puisque dans cette histoire, la jeune fille passe tout son temps à nettoyer la maison, à prendre soin de ses frères et des « enfants perdus »… Elle coud, brode, chante, lit, berce, console, nourrit, borde… Elle donne tout pour les autres, et c’est sa manière d’être heureuse. Grande sœur en âge (et donc toujours enfant), elle prend le relai de la maman – mère et veille sur les plus jeunes avec dévotion.

Les femmes « atteintes » du syndrome de Wendy se comportent exactement comme la Wendy du conte : elles se consacrent pleinement aux autres, affirment y trouver leur équilibre, en avoir besoin, le vivre comme une nécessité tout autant qu’un plaisir et non un devoir, faisant précéder leurs attentes par ceux des autres, quitte à sacrifier tout ce qui est important pour elle, loisirs et passions.

Ces personnes qui prennent soin des autres spontanément, sans que personne ne les y oblige, pensent qu’être attentionnée représente un moyen d’offrir leur amour. Mieux, ou pire, elles ne le pensent pas, elles en sont convaincues et ne peuvent imaginer la vie – leur vie – autrement.

Aussi, dans leur vie affective, et dans leur relation de couple, elles vont sans s’en rendre compte chercher un homme qui lui aura besoin de cette maman. Pour quelle raison en aura-t-il besoin ? Ce n’est pas la question, en l’instant. Car les causes peuvent être diverses, et parfois multiples. Ce qui est certain est que ce qui va séduire ces Wendy en puissance est le côté à la fois fantasque, léger, un peu perdu un peu paumé, enfant en tout cas, de l’homme qu’elles vont rencontrer.

C’est d’ailleurs pour cela que dans un premier temps ces femmes « Wendy » s’entendent formidablement bien avec des hommes « Peter Pan ». Ils se laissent ainsi porter et dorloter sans avoir rien à faire, pendant que leur conjointe gère toutes les responsabilités, enfants y compris. Quant à elles, elles n’y voient ni malice ni danger. Elles « assument » car elles se disent faites pour cela et heureuses ainsi.

Et jusque là tout pourrait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes, imaginaire. Peter Pan s’envole quand il le souhaite, revient chercher du réconfort, reçoit un baiser, et repart, et Wendy continue de chanter, de border, de cuisiner.

Mais nous ne vivons pas dans un monde imaginaire. Et même Wendy peut grandir. C’est d’ailleurs ce que l’on eut découvrir dans le film Hook, de Steven Spielberg (1991). Wendy y est représentée âgée. Et Peter, qui a fini par quitter le pays imaginaire, s’est marié. Avec Moira, la fille de Wendy. S’il a perdu son enfance, ses rêves et son imaginaire en devant lui-même devenir adulte, il va cependant être rattrapé par Clochette et Crochet.

Il n’est pas question d’analyser plus avant le film et surtout pas d’en tirer un énième syndrome.

Ce dont il est question, c’est bien de la maturité à laquelle peut un jour accéder Wendy. Si l’on peut considérer que tant qu’elle « joue » le rôle de maman, par un attachement insecure qu’elle compense en surinvestissant un rôle dans lequel elle se sacrifie bien plus qu’elle ne s’épanouit, si l’on peut admettre qu’elle n’est pas consciente de s’oublier en permanence et de taire ainsi sa personnalité réelle, nous sommes également dans l’obligation de penser que cette relation peut évoluer, voir se transformer radicalement.

Wendy ne souffre pas de cette position tant qu’aucune posture, aucun rôle ne se modifie.

Mais un risque majeur est qu’un jour, « Wendy » découvre que les personnes dont elle prend soin cessent d’avoir besoin d’elles. Elle se retrouve alors seule. S’en suit une perte de repères, une défiance vis-à-vis des autres et d’elle-même, une baisse de l’estime de soi, un trouble de l’attachement, et une dépendance accrue à celui – ceux qui s’éloignent d’elle. Incapable de les laisser « s’envoler », elle cherche à les retenir, par quelque moyen que ce soit, au risque d’entrer dans un jeu pervers de contrainte – soumission – victimisation – culpabilisation, dont elle ne saura plus sortir.

Et puisque l’on évoque l’aspect pervers, il ne faut pas oublier ces Wendy qui se sont soumises à un enfant-tyran, à un séducteur-manipulateur, à un abus de pouvoir oligarque sans lequel elles pensent ne pouvoir vivre et dont, pendant longtemps, elles ont cru pouvoir se satisfaire.

L’idée de ne plus s’occuper, ou de risquer de ne plus s’occuper de personne, de personne les plonge dans une sorte de terreur, car c’est le seul moyen qu’elles ont trouvé de se rendre utiles, et d’offrir de l’amour. Se sentant devenues inutiles et rejetées, elles se retrouvent dans un schéma déséquilibrant, dysfonctionnel, dans lequel elles n’ont plus de place même si elles vont s’investir d’autant plus pour conserver ce qu’elles pensaient être leur bien-être.

C’est précisément la question de l’équilibre qui est en jeu. L’équilibre entre donner aux autres et donner à soi-même. Ou, plus exactement et pour remettre les choses dans un ordre plus logique et constructif : se donner à soi-même pour donner aux autres.

La première réaction d’une Wendy – ou de toute personne se croyant Wendy, sera la culpabilité, et la honte (il semble que l’on y revienne régulièrement – il semble donc que le pervers narcissique ne soit pas le seul à générer ce type de troubles). Culpabilité de s’être « laissée faire », honte de ne pas avoir dit non, d’avoir tout accepté, d’avoir cru à l’amour, de se sentir soudain l’esclave ou pour le moins la « petite bonne » d’individus subitement ingrats, méprisants, ignorants et dédaigneux.

Mise en abîme.

Wendy n’est plus rien. Et ce qu’elle redoute le plus, le rejet, l’abandon, et la perte d’amour, se matérialisent subitement sans qu’elle ne sache ni que faire ni comment réagit ni comment s’en sortir.

Et si l’on en revient au conte de Peter Pan, faut-il alors imaginer que ce sont les sirènes qui ont séduit l’entourage, ou Lili la Tigresse qui a usé de ses charmes et de sa captivité pour détourner de Wendy des personnalités au caractère de « sauveur » ? Non. L’abandon craint ou vécu par Wendy est un ressenti personnel, intrinsèque, lié à une absence de confiance ou d’estime de soi profondément ancrée et qui se traduit douloureusement lorsque son Peter Pan la quitte ou – pire sans doute – la détruit à force de manipulations.

Toute personne se retrouvant en ce profil de Wendy doit l’entendre, comme dit plus haut, comme une piste de réflexion. Et de travail, sur soi. Wendy n’est pas atteinte d’une « tare ». Il y a une raison à ce comportement, à cette nécessité d’être là pour les autres et de l’être totalement. Si elle souffre de son Peter Pan, la première des choses à faire n’est pas toujours de le fuir. De qui peut-elle alors s’occuper ? Est-elle même prête à s’occuper d’elle-même ?

Il s’agit de passer par une acceptation indispensable. Car, à force de tout donner aux autres, Wendy se sent vide et arrive un moment où ne seront ressentis que de l’insatisfaction, de la frustration et de la tristesse. L’acceptation est celle d’une réalité, et non de ce qui lui semble réel. Elle s’est investit, y a trouvé, pendant un temps, un épanouissement, de quoi combler un manque, un vide, ou un besoin. Et sans doute a t’elle réussi, en partie, puisque celui – ceux qu’elle maternait ont pu grandir. On peut alors voir apparaître un autre syndrome (oui, un autre encore) : celui du « nid vide ». (1) Syndrome qui, celui-ci, met directement en cause la relation mère – enfant d’un point de vue générationnel.

Mais la question qui se pose à Wendy est : qui est-elle, ELLE, réellement ? Qu’a t’elle enfoui au fond d’elle, qu’a t’elle tu, ignoré, caché ? De quoi a t’elle peur, pour ne pas le laisser s’exprimer, ou qui veut-elle être sans savoir comment s’y prendre et par quels chemins passer ?

Il lui sera répondu : « Penses à toi ! Ne t’oublies pas ! Reprends ton espace ! Ose dire non ! ». Il lui sera plus rarement dit, pour commencer : « Chacun a le droit d’avoir son temps, son lieu, son espace, sa réalité. Sa vie. Penser sa vie permet de penser celle des autres, non l’inverse. » Penser à soi n’est pas être égoïste, penser à soi est se donner la possibilité d’être encore une Wendy, mais une Wendy qui se mesure, qui pose des limites, met des freins, impose des règles, et le respect, pour elle-même.

Alors, à la lecture de ces articles résumant bien vite le syndrome de Wendy, il faut aussi savoir mettre de la distance. Il n’y a pas de condamnation à être dans une position maternelle / maternante, tant qu’elle ne devient pas sacrificielle. Tant qu’il n’y a pas perte de soi. Etre mère n’interdit pas d’être femme. Etre femme ne s’oppose pas à être mère.

Tout n’est pas que question d’équilibre. Mais lorsque le déséquilibre prédomine, le système ne tient jamais longtemps. Et c’est à Wendy d’aller chercher cet équilibre, de se l’approprier, pour retrouver ou prendre sa place.

Pour aller plus loin sur le thème de Wendy, il faut aussi s’intéresser au travail de Angelica Liddell, artiste, metteuse en scène, auteure et interprète espagnole. En 2013, elle écrit, met en scène et interprète Tout le ciel au-dessus de la Terre (le syndrome de Wendy).

La majeure partie du travail artistique d’Angélica Liddell tourne autour du thème de l’abandon, de la peur d’être abandonné et de la peine qu’un tel sentiment fait naître. Elle parle de la solitude en terre d’abondance. Pour la psychologie moderne, Peter et Wendy sont devenus l’incarnation de symptômes de plus en plus présents dans les sociétés occidentales. Des adultes font preuve d’immaturité émotionnelle, refusent de passer à l’âge adulte. Mais comment l’humanité peut-elle continuer à vivre dans un monde où les tentatives d’un seul individu pour vivre avec une seule autre personne engendrent des situations douloureuses et pathologique ?

Et si rien ne peut ramener l’heure

De la splendeur dans l’herbe, de l’éclat dans la fleur

Au lieu de pleurer, nous puiserons

Nos forces dans ce qui n’est plus.

Ces vers de William Wordsworth ponctuent, tel un leitmotiv, la création d’Angélica Liddell

La matrice de cette mise en scène, explique Angelica Liddell, fut la découverte de ce que l’on appelle, en psychologie, « dilemme (ou syndrome) de Wendy », qui se traduit par une peur pathologique de l’abandon. « Un jour, j’ai compris que ce que je ressentais avait un nom, le « syndrome de Wendy », en référence au personnage féminin dans Peter Pan, se souvient-elle.

Dans mon cas, il est associé à la perte de la jeunesse, quand ce que vous aimez commence à disparaître et vous plonge dans la solitude. » Le résultat, Todo el cielo…, est une forme théâtrale polymorphe et éclatée, qui prend, pendant les deux heures trente du spectacle, diverses incarnations : conte, récit de voyage, valse ou one-woman-show.

(1) Le jour où les enfants s’en vont – Béatrice Copper-Royer, Albin Michel

©Anne-Laure Buffet

TIMIDITÉ ET CONFIANCE EN SOI

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©Maia Flore

Rougissements intempestifs, peur panique de prendre la parole en public, émotivité ou encore incapacité à dire non… La timidité est souvent vécue comme un handicap par les personnes qui en sont atteintes. Comment parvenir à s’affirmer lorsque l’on rêverait de pouvoir disparaître dès que les projecteurs sont braqués sur nous? Comment surmonter cette difficulté à aller vers l’autre? Timide, ça se soigne?

Un trait de caractère, pas une maladie

« La timidité n’est pas une maladie« , répond d’emblée Gérard Macqueron, psychiatre et auteur avec Stéphane Leroy de La timidité, comment la surmonter. « C’est un trait de caractère, que l’on pourrait définir par une introversion. Les personnes timides ont besoin d’un temps de réflexion pour réagir et s’adapter à une situation. Le seuil de déclenchement du stress provoqué par ce qu’ils identifient comme un danger, réel ou émotionnel, est plus bas que la moyenne. A l’inverse, les « explorateurs », ou extravertis, ont tendance à foncer face à la nouveauté. Les uns comme les autres ont leurs forces et leurs faiblesses. Certes les timides prennent moins facilement des risques, mais leur faculté d’analyser les problèmes et de réfléchir avant d’agir ou de parler peut être appréciée », ajoute-t-il.

On identifie quatre grandes catégories d’appréhensions sociales, souligne le psychiatre: la peur de la performance (peur de l’échec, incapacité à parler en public, etc), la peur de la révélation de soi (peur de se dévoiler), la peur d’affirmation de soi (peur du conflit, de dire non) et enfin la peur d’observation (peur du regard de l’autre sur soi). « Les timides peuvent avoir toutes ces appréhensions, mais pas nécessairement. Certains n’en auront qu’une ou deux, n’auront pas de difficultés à parler d’eux mais seront tétanisés devant un micro, ou l’inverse ».

Première étape: accepter sa timidité

Pour Gérard Macquéron, « la première étape pour surmonter sa timidité et parvenir à trouver sa place, que ce soit dans un cadre amoureux, amical ou professionnel, consiste à accepter ce trait de caractère ». « Dès lors que l’on s’assume comme une personne naturellement introvertie, on n’a plus la même vision de ses expériences et l’on interrompt ce discours intérieur négatif: « je suis nul(l)e, je ne suis pas capable de prendre la parole, de me faire des amis, etc » ». Autre erreur à ne pas commettre, vouloir à tout prix « s’imposer »: « les personnes timides lorsqu’elles veulent s’affirmer, le font souvent avec excès et autoritarisme, en prenant trop de place, parce qu’elles ne parviennent pas à le faire avec mesure », explique-t-il.

Un écueil rencontré par Maxime, timide depuis la petite enfance: « J’ai toujours eu du mal à animer une réunion, à endosser un rôle de leader, que ce soit avec mes amis ou au travail. Lorsque j’ai pris des responsabilités dans mon entreprise, j’avais tellement peur que l’on me trouve faible que j’ai endossé un costume qui n’était pas le mien, celui du chef tyrannique. J’ai assez rapidement compris que ça n’était pas forcément la meilleure des solutions, qu’en définitive, mes collègues m’appréciaient pour ma réserve, qu’il n’était pas nécessaire d’avoir une ‘grande gueule’ pour être écouté. »

Travailler sur l’estime de soi

Il faut aussi travailler sur l’estime de soi, poursuit Gérard Macquéron. Les timides ont selon lui souvent tendance à penser que l’on attend d’eux dans une conversation qu’ils soient brillants, qu’ils connaissent le sujet abordé sur le bout des doigts. « Ils ont un niveau d’exigence vis à vis d’eux mêmes trop élevé ». « J’ai toujours l’impression que je n’en sais pas assez, que je vais être ridicule si je tente de lancer une idée en réunion », confirme Marie, documentaliste. « Du coup, je préfère me taire plutôt que d’essayer. Pourtant, souvent, je vois bien que les autres, qui n’ont pas ces scrupules, ne sont pas plus intelligents que moi, que l’important finalement c’est de participer! ».

« Dans une relation, c’est la rencontre qui est intéressante, pas nécessairement le contenu des échanges », confirme Gérard Macquéron. Il faut également accepter, ajoute-t-il, que « les relations ne marchent pas toujours, qu’il y a des affinités qui ne se créent jamais et que cela n’est pas grave ».

S’exposer progressivement aux situations anxiogènes

Autre conseil délivré par Gérard Macquéron: s’efforcer de s’exposer aux situations anxiogènes, mais de manière progressive. « J’explique à mes patients que ce n’est pas parce qu’ils ont peur qu’il y a un réel danger ». D’où la nécessité de se lancer des petits défis, au départ à deux si c’est plus facile: aborder quelqu’un en soirée, partager la table de collègues qui nous intimident, accepter une invitation ou en lancer une, etc.

Pour la peur de la révélation de soi, assez fréquente, Gérard Macquéron recommande par ailleurs le théâtre, mais plutôt celui d’improvisation, « dans lequel on ne joue pas vraiment un rôle comme dans le théâtre classique, ce qui peut être un moyen de fuir ». Le chant est également « un travail très intéressant sur la voix, les émotions ». « Il n’y a pas de solution toute faite qui convienne à tout le monde », prévient le psychiatre. Et d’insister: « Ce qui marche, c’est ce que l’on fait avant tout par plaisir« .

 
En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/styles/psycho/confiance-en-soi-comment-vaincre-sa-timidite_1499509.html#mYKpU4Gi4dUhbvYs.99

LES TROIS PETITS BONHEURS

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Ce n’est pas parce que certains conseils ont l’air vieux comme le monde qu’ils n’ont pas d’intérêt, bien au contraire.
Ainsi, celui de prendre soin de ses trois petits bonheurs du jour est à observer particulièrement.

Les trois petits bonheurs, qu’est-ce que c’est ? C’est une habitude à prendre. Comme on se lave les mains avant de passer à table, comme on fait du sport pour entretenir son corps et ses muscles, les trois petits bonheurs est un exercice d’entretien, d’hygiène. Hygiène du coeur, du cerveau et de la pensée.

Combien d’entre nous se couchent avec les idées noires ? Combien ruminent des problèmes de leur journée, tournant sur eux-même indéfiniment sans pouvoir trouver le sommeil ? Combien se disent que, décidément, il ne leur arrive jamais rien de bien ?

L’exercice des trois petits bonheurs ne permet pas de résoudre une difficulté temporaire ou durable. Il permet en revanche de ramener un peu de calme et de sourire avant de s’endormir. Et il est assez simple. Il « suffit » de penser, chaque soir, à trois petits bonheurs du jour.

Trois petits bonheurs ? avec la vie que j’ai ? Vous plaisantez !

Non, je ne plaisante pas du tout.
Et j’ai bien dit « petit » bonheur.
« Petit », parce qu’un bonheur n’a pas besoin d’être exceptionnel, rare, pour faire du bien. Vous avez senti l’odeur de l’herbe coupée ? Vous avez eu un sourire de vos enfants ? Vous avez regardé un film qui vous a plus ? Vous avez apprécié votre repas ? Un(e) ami(e) vous a appelé(e) ? … Voilà des éléments bien anodins; Pourtant, il vous ont fait sourire. Ils vous ont mis du baume au coeur. Vous vous êtes senti(e) bien, mieux, une fois ce moment passé.
Voilà des petits bonheurs.

Alors, dites-moi trois petits bonheurs ? 
J’ai entendu un oiseau chanter. Je me suis offert un gâteau comme dessert. Dans la rue, un(e) inconnu(e) m’a souri…

Voilà. Vous tenez vos trois petits bonheurs.

Je vous l’accorde, il ne semble pas tous les jours évident de trouver ces trois petits bonheurs. Mais vous allez vous entraîner, comme un sportif. Vous tenir à cette discipline. Le soir, en vous couchant, pensez à ce qui vous a fait du bien aujourd’hui. Pensez à ce qui vous a fait sourire. Pensez à cet instant particulier où vous avez oublié tout le reste et pendant lequel vous avez simplement profité.

Une fois le réflexe pris, allez plus loin. Vous avez vos trois bonheurs. Alors posez-vous cette question : qu’est-ce que ce bonheur en particulier a réveillé chez moi? Qu’est-ce qu’il m’a apporté ?

Attention : il ne vous sera jamais demandé de réponse compliquée… Ce n’est ni un test de performance, ni une évaluation. C’est un moyen de permettre au corps et au coeur de se remettre en harmonie, avant de dormir. C’est s’autoriser à penser à soi et à ce qui fait nous fait du bien. C’est s’évader des soucis du quotidien et, un peu, lâcher-prise.
C’est maintenant à vous d’essayer…

 

LA PENSÉE MAGIQUE

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La pensée magique désigne un mode de fonctionnement psychique caractéristique de la névrose obsessionnelle.
Il s’agit des croyances superstitieuses et des rituels conjuratoires qui s’imposent à l’obsédé et transforment sa vie en un véritable cérémonial. Classiquement on décrit les vérifications sans fin, le lavage des mains ou des objets, la place immuablement précise attribuée à chaque objet, l’annulation des actions et le doute permanent. Ces rituels incontournables peuvent prendre tant d’importance qu’ils vont occuper la totalité du temps du patient et devenir très invalidants pour lui. Ils constituent des manifestations de pensée magique en ce sens qu’ils possèdent une vertu protectrice contre le malheur. Si le patient venait à s’y dérober, il serait précipité face à l’insupportable, c’est-à-dire face à ses pulsions inconscientes contre lesquelles il lutte.
(Larousse)

Dans leur monde imaginaire, les enfants se donnent l’illusion d’un pouvoir magique. Ce mode de pensée marque, selon Sigmund Freud, une étape indispensable à notre développement : le moyen d’accepter les dures lois de l’existence, à commencer par la conscience de notre impuissance, et l’interdit de certains désirs. Tout porte à croire que ces pensées superstitieuses existent aussi chez l’adulte. En particulier les personnes fortement angoissées, atteintes d’un trouble psychologique appelé obsession( développement de TOC)

Dans le développement personnel, la pensée positive, la visualisation, et la notion de « créer sa propre réalité » sont des formes de la pensée magique. Selon l’astrophysicien Erich Jantsch « l’esprit a une capacité créatrice, non seulement dans la formation d’images mais également dans la transformation de la réalité extérieure ».

Prenons un exemple négatif avec le dernier film d’Oliver Stone:  Le Loup de Wall Street ne se veut pas un film à thèse et, plutôt que de sacrifier son histoire au profit d’une dénonciation pure et simple du capitalisme, voit l’auteur se projeter dans le corps de son héros. Il y a chez ces escrocs qui, ces trente dernières années, ont contribué à imposer une financiarisation du capitalisme, quelque chose de magique, leur travail façonnant un monde qu’ils souhaiteraient semblable à leurs rêves. Le profit personnel, pensent-ils, profite à la communauté. Et, dans le cas qui nous intéresse, les entorses à la légalité se font sur le dos des plus grandes fortunes. Jordan Belfort, puisque c’est de lui qu’il s’agit, use effectivement de la pensée magique : il n’y a pas de mal à voler les riches.

ZONE DE CONFORT – ZONE À RISQUE

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TOUT VA BIEN.
Vous maîtrisez la situation.
Vous savez où vous en êtes. 
Vous savez ce que vous voulez.
Vous savez où vous allez.
Puis arrive l’incident. La réflexion, la remarque. La critique. L’élément perturbateur.
Vous vous sentez toujours bien. Mais un peu moins ; et vous ne comprenez pas vraiment pourquoi. 
C’est un sentiment de malaise qui s’installe.
Que se passe t-il que vous ne maîtrisiez pas ? Qu’avez-vous acté, ou non, qui a fait changé une situation stable, et confortable ? Qui en est la cause ? Ou quoi ?

Pourtant, vous ne mettez rien en place pour prendre les choses en main, pour les rendre différentes. Vous êtes habitué(e) à ce que vous vivez. Ou vous pensez que vous allez vous habituer. Vous allez faire en sorte de vous adapter pour ne rien bousculer. Pour éviter les changements. Pour rester dans cette « zone de confort » où vous vous reconnaissez, alors même qu’elle devient contraignante pour vous.

Ce qui vous retient de mettre en place le changement ? La peur. La peur de l’inconnu. La peur de ce qu’il y a, justement, à mettre en place. La peur de ne pas être pertinent(e) dans les démarches entreprises. La peur de ne pas être légitime à faire de telles démarches. La peur de ne pas pouvoir vous adapter. 
Vous envisagez le pire. Vous occultez le meilleur. 
Vous vous affaiblissez. Vous ne bougez pas. Vous restez dans cette zone de confort. Qui se resserre sur vous.

De zone de confort, situation que vous connaissiez et dominiez en tout ou partie, vous basculez dans une zone à risque. Non seulement vous n’agissez plus, mais vous stagnez. Vous vous mettez à reculer.

Avez-vous déjà ressenti cette impression étouffante que les murs se rapprochent, que le plafond baisse alors que le plancher monte, que vous vous retrouvez peu à peu enfermé(e) dans une boîte dans laquelle vous manquez d’oxygène ? C’est que cette zone de confort ne l’est plus. Elle est devenue une zone à risque, pour vous.

Une zone à risque pour tous ceux qui y entrent. Les conséquences peuvent être nombreuses. Entre autres  :
– anxiété, angoisse, trouble anxieux généralisé
– TOC
– baisse de l’estime de soi, de la confiance en soi
– procrastination, immobilisme
– démotivation, perte d’énergie et d’envies

En psychothérapie, je vois souvent arriver des personnes « bloquées » dans cette zone de confort, pourtant si inconfortable, voir à risque pour elles. L’accompagnement permet alors de fixer des objectifs viables, solides, concrets et motivants, afin de sortir de cette zone. Une réflexion autour des compétences souvent oubliées ou malmenées, autour des valeurs, autour des besoins, est nécessaire, avant d’agir avec précipitation. La précipitation est elle aussi dangereuse, quand elle est menée sans réflexion en amont. Reconstruire l’estime de soi et/ou la renforcer permet aussi d’établir la limite entre zone de confort et zone à risque.

Reste une question essentielle à se poser, que je n’évite jamais lors d’un premier rendez-vous : Où est le risque majeur ? En laissant une situation telle qu’elle, en lui permettant de s’installer, ou en agissant, en fonction de soi, pour soi ?
Quelle image voulez-vous avoir de vous ? Quelle image voulez-vous donner aux autres ?
Qui êtes-vous ?