Deux podcast à découvrir

Deux podcast à découvrir

Cette semaine, j’interviens dans deux émissions / podcast, que je vous invite à découvrir.

Le premier est L’Ire du dire. J’y suis invitée par Carole Carcillo Mesrobian, pour présenter mon livre Tous toxiques, tous victimes ? et parler de harcèlement, de violences, de toxicité, de narcissisme, de violences intrafamiliales, mais également de notre société, victimaire, pressée, où la frustration est impossible, le manque n’existe pas et ne doit pas exister, l’urgence et la demande permanentes. Un besoin de discernement, d’élaboration, d’esprit critique, de sens se fait de plus en plus sentir. C’est ce sur quoi nous échangeons Carole et moi, sans oublier la nécessité de considérer (enfin) les enfants et leurs droits, et la place du féminisme actuel.

Le deuxième podcast est Coclito, réalisé et animé par Caroline Facy.
Un podcast qui réveille la sexualité en l’amenant vers la poésie et l’esthétique.
Nous y parlons bien sûr sexualité, féminité, féminisme, relations à l’autre et relations à soi, toxicité et violences, construction individuelle et construction des relations, amour et amitié, enfance, renoncement et acceptation. Je m’y livre aussi, un peu…

Un peu de moi, beaucoup de vous, pour vous, à écouter ou ré-écouter dans ces deux podcasts. Toujours le même plaisir à partager, à parfois essayer de dénoncer, faire avancer, bouger, comprendre, mettre en lumière des situations, des relations, des comportements qui nous touchent, nous heurtent ou nous élèvent.

Tous toxiques, tous victimes ?

Tous toxiques, tous victimes ?

Voici le titre en forme d’interrogation de mon prochain livre, à paraître le 20 octobre prochain aux éditions de l’Observatoire.
Et si je pose la question, j’ai déjà ma réponse. Elle m’appartient, je ne somme personne d’y adhérer… Et pourtant. Et pourtant, ne serions-nous pas, ne devrions-nous pas reconnaître que nous sommes tous, ou pouvons tous être, victimes de … et toxiques pour… au cours de notre vie.

Victimes de…
De malveillance, de harcèlement, de maltraitance, d’indifférence, de rejet, d’abandon, de la suspicion, de la jalousie, de la colère ou du dégoût d’autrui. Victimes d’une situation, d’un contexte, d’une idéologie, d’une manipulation mentale, d’une emprise. Au niveau individuel, conjugal ou familial, comme au niveau sociétal. Victimes car contraint à l’obéissance, à la sujetion, à la soumission, à être réduit au silence, à subir. Parfois, à mourir, psychiquement. Physiquement.
Victimes de nous-mêmes, retenus par des certitudes, des croyances, des schémas de pensées, des modes de comportements, des angoisses et des peurs qui nous attachent, nous limitent ou nous empêchent toute autonomie, toute individualité, qui restreignent notre liberté de pensée, notre façon de pensée, qui modèlent nos choix, nos décisions, jusqu’au sens que nous donnons à notre vie.
Victimes enfin, de nous dire victimes, d’en faire plus qu’un état, un statut, une identité et une cause à défendre.

Toxiques pour…
Pour nous. Parce que nous restons enfermés dans ces schémas, parce que nous doutons ou n’osons pas remettre en cause, questionner, changer de route, parce que nous refusons de nous faire confiance, accordant cette confiance pleinement à un autre que nous, lui donnant la liberté de nous utiliser, de nous user, sans contester (ou à peine) ses attentes, ses demandes, ses ordres.
Pour notre entourage, que nous n’écoutons pas ou plus, dont nous doutons également, que nous tenons à l’écart, dont nous nous méfions, auquel nous faisons porter notre anxiété et nos peurs, nos émotions trop contenues ou trop explosives. Parce que nous attendons sans en être conscient beaucoup trop de nos proches, de ceux que nous aimons, nous leur faisons porter une lourde charge. Parce que notre méfiance, notre défiance à l’encontre de certains nous laisse ignorer ce qu’il pourrait se trouver de bon et de sain dans leurs agissements.
Parce que nous sommes portés en premier lieu par nos émotions ; et dans une société qui infantilise, narcissise, se veut en lutte, monte les uns contre les autres, génère des conflits qui s’auto-alimentent, seules les émotions ont droit de cité. La réflexion, la pensée et la pensée critique sont délaissées ; trop exigeantes, prenant trop de temps, pas assez instagrammables ou difficiles à transmettre en un tweet, les réflexions qui donnaient lieu à discussion ne sont plus sources que de polémiques ; et c’est celui qui crie le plus fort qui gagnera, non pour ce que dit son cri, mais par sa puissance sonore.

Oui, certains sont « plus toxiques » que d’autres. Oui, il existe des pathologies, des fonctionnements, des attitudes hautement nuisibles. À une personne en particulier, à un groupe, à un système. Mais se croire protégé d’être toxique pour qui que ce soit, c’est déjà l’être.
Oui, certains sont « plus victimes » que d’autres. Oui, il est des traumatismes, des violences et des drames qu’aucun mot ne console, très peu réparent. Oui, il est nécessaire de mener des – justes – combats, de prendre la parole, la plume ou le micro pour dénoncer des oppressions, des injustices, des barbaries. Mais il ne suffit pas de dénoncer ; encore faut-il proposer, et accepter le dialogue. Encore faut-il comprendre qu’être victime n’est pas un état, une définition… définitive.

Tous toxiques, tous victimes ? … pour essayer d’analyser, de comprendre et de transformer des états d’esprit, des liens, des croyances.

Résumé du livre :
Les « victimes » sont-elles toujours celles que l’on croit ? La violence est-elle une fatalité ? À l’heure de #MeToo et de la cancel culture, Anne-Laure Buffet propose une analyse passionnante et salutaire des concepts de « toxicité » et de « victime », trop souvent dévoyés. « Violence psychologique », « emprise », « harcèlement », « pervers narcissique »… Voici les nouveaux maîtres mots de nos relations, de nos comportements. De #MeToo à la cancel culture en passant par la pensée décoloniale, nous ne semblons plus réfléchir qu’en fonction de ce qui semble bien ou mal ; qu’en cherchant un « toxique » et en plaignant sa « victime ». Nous nous posons trop souvent en juges et partie en nous attribuant le droit d’être « du bon côté », en laissant aux autres la responsabilité de la toxicité et de nos difficultés. Sommes-nous condamnés à être l’un ou l’autre, sans nuances, sans évolution ou réparation possibles ? De l’agression à la réparation, de l’opposition à la compréhension, de la destruction à la construction, Anne-Laure Buffet nous amène à une réflexion salutaire, richement illustrée d’exemples concrets tirés de l’actualité ou de son expérience de thérapeute, pour accepter nos manquements et nos fragilités autant que nos réussites et nos forces, et sortir enfin du clivage « tous toxiques, tous victimes »
En librairie le 20 octobre, aux éditions de l’Observatoire